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Crise à l’USFP! Mohamed El Gahs, membre du Bureau politique, vient de claquer la porte de cette instance dirigeante. Il a adressé, hier, sa lettre de démission à Mohamed El Yazghi. Le torchon brûle entre Mohamed El Gahs et le premier secrétaire de l’Union socialiste des forces populaires (USFP) depuis longtemps. De sources usfpéistes proches du secrétaire d’Etat chargé de la Jeunesse, «les relations sont devenues tellement tendues ces derniers temps entre El Yazghi, son clan, d’une part, et El Gahs, de l’autre, que ce dernier a fini par quitter le Bureau politique». El Gahs menaçait depuis un bon moment de jeter l’éponge. Aujourd’hui, c’est chose faite. Le choix de la date, à la veille des législatives, n’est pas fortuit. «Nous assistons depuis un moment à des manoeuvres et à un acharnement contre El Gahs», témoigne un proche du secrétaire d’Etat chargé de la Jeunesse. De l’avis d’un autre membre de cette formation politique, une telle décision aura certainement des conséquences sur le parti. Elle affecterait, voire ternirait l’image de cette formation politique «d’apparence soudée». L’enjeu est de taille en ce moment, ajoute-t-il, car le départ d’El Gahs «battrait en brèche toute la nouvelle littérature du parti autour du débat sur l’ouverture, le rajeunissement et les élites…».
Contacté par L’Economiste, Driss Lachgar, chef du groupe parlementaire de l’USFP, reste laconique. Il affirme, à l’heure où nous mettions sous presse, «n’avoir aucune information à ce sujet». Rappelons que depuis plusieurs mois, l’ancien journaliste boycotte les réunions du Bureau politique. Ses prises de position lui attirent l’inimitié des caciques du parti. A leur tête, Mohamed El Yazghi et ses lieutenants. Une chose est sûre, Mohamed El Gahs reste une figure de proue au sein du parti. Cet ancien rédacteur en chef de Libération, le quotidien porte-parole du parti, est connu pour sa proximité et sa forte capacité de mobilisation, voire de séduction auprès de la Chabiba ittihadie. «Il a su rester proche des préoccupations de la jeunesse ittihadie», soutient un militant de la Chabiba. D’ailleurs, la dernière sortie d’El Gahs aux côtés des zaïms du parti date de l’ouverture du congrès de la Chabiba, en janvier dernier. Autrefois connu pour son rapprochement avec son mentor (ndlr: El Yazghi), El Gahs navigue aujourd’hui à contre-courant et ce, depuis le 6e Congrès. Il ne compte plus ses détracteurs au sein du parti, tellement ils sont nombreux! Ce que reprocherait El Gahs à ses détracteurs, c’est l’installation de clans qui se livrent à une guéguerre entre eux. L’entourage d’El Gahs dit préférer initier «des débats d’idées ouverts» plutôt que «des coups bas dans les coulisses». Pour un proche d’El Gahs, cette initiative de débat ouvert devra libérer la parole et installer «des courants d’idées et des pôles forts avec arguments contre arguments» au lieu de «batailles claniques opaques».
Depuis un bon moment, des membres du Bureau politique se livrent à un combat acharné à tel point que l’on parle d’une crise au sein du parti. Aujourd’hui, les dirigeants s’interrogent même sur la capacité de leur formation à mobiliser les militants. C’est dire que les clans, les ambitions et les divergences personnalisées… minent le parti de l’intérieur.
Amin RBOUB-L’Economiste 07-02-07
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