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Instruire, socialiser et qualifier, ces trois missions assignées par la charte à l’école il y a quelques années doivent être également les critères basiques de l’évaluation voire de l’auto-critique para rapport au progrès décevant de notre système éducatif , notamment dans son cycle supérieur.
L’université marocaine est aujourd’hui consciente - Dieu merci !- de l’inadéquation entre les contenus des formations et les impératifs du marché du travail, des plans sont en train d’être étudiés, programmés et réalisés afin de ne plus former des diplômés-chômeurs, mais sur quoi se basent ces programmes ? Par quels outils sont ils effectués ? À partir de quelle méthodologie ? Et surtout de la part de qui ? puisque le « savoir académique » d’un professeur universitaire n’est pas suffisant, la tâche exige à la fois expertise et créativité. Il faut le dire, la conception de projets éducatifs manque de sérieux dans plusieurs établissements, et même les Masters validés sont d’une qualité inférieure lors du lancement. Ainsi, La recherche de l’efficacité et de la pertinence des formations fait fuir les talents, les cerveaux et les bacheliers les plus aisés non seulement du public vers le privé mais surtout à l’étranger.
En effet, la qualité de la formation et la pédagogie universitaire se trouvent au cœur de la polémique. Et si quelques uns préfèrent s’interroger ironiquement : former ou déformer ? D’autres affirment que l’enseignement supérieur n’est pas capable de former sans ennuyer. Privilégier le dispositif linéaire de transmission du savoir, exclure l’étudiant du cheminement intellectuel conduisant à l’apprentissage, enseigner des savoirs loin d’être modélisables, ces formes d’intervention déplacées réduisent l’efficacité pédagogique à l’université : le crime est bouleversant en vue des profils terminaux des diplômés qui ne sont ni polyvalents ni créatifs, avec des connaissances massives mais sans méthodologies et sans esprit d’initiative.
Et même si la mission de qualification est parfois accomplie, la socialisation et l’instruction ne semblent pas être des atouts majeurs. Et c’est la raison pour laquelle on trouve chez nous des administrateurs sans scrupules ou des économistes qui ne pensent jamais à la solidarité et au développement humain.
Généraliser un enseignement de qualité est un acte qui exige avant tout unir les visions et les efforts, communiquer d’une manière effective et loin des polémiques, sensibiliser continuellement les ressources humaines et favoriser la coordination entre les différents secteurs du système éducatif soit l’éducation nationale, l’enseignement supérieur et la formation des cadres afin d’assurer la continuité dans le progrès, car tout changement s’opère par une transition qu’il faut absolument réussir.
Mourad ABOUSSI
Pour JIMaroc
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