Enseigner : quel est le sens de ce mot ?
Mon dictionnaire dit la chose suivante : « Transmettre une connaissance ou une pratique ».
Pour moi c’est le plus beau métier du monde, un métier vers lequel je me destinais à l’origine. Je crois toutefois que cette définition doit être encore plus approfondie.
Pour bien enseigner il faut réunir les éléments d’un puzzle d’une vie à construire.
L’enseignant doit aider le jeune à construire son puzzle.
Il lui présente un savoir, des images, des convictions, des idées qui devront être intériorisées. La notion de spiritualité doit aussi être prise en compte.
Martin Luther disait : « Un enseignant a terminé son travail lorsqu’il a appris à son élève à entendre la voix de Dieu »
Tout formateur a une responsabilité envers l’avenir.
Au niveau simplement sociologique, nous devons transmettre ce qui a fait notre personnalité, notre référence familiale, notre ville, culture, civilisation. Une génération sans passé est une génération errante et sans futur. Il faut des racines pour grandir: elles sont en partie ce que nous pouvons transmettre donner, communiquer, ... à nos élèves.
Notre enseignement ne doit pas se contenter de poser les bonnes questions aux élèves, il doit aussi être composé de réponses que nous donnons aux questions que les élèves (se) posent.
J’entends souvent des enseignants dire que le métier est devenu difficile parce que les élèves ne respectent plus rien et en particulier leurs profs.
C’est certainement plus difficile qu’auparavant dans la mesure où l’espoir d’un avenir meilleur n’existe plus forcément dans nos sociétés.
On ne rêve plus comme avant son avenir, voir on ne le rêve plus du tout.
Les maux de nos sociétés modernes, chômage, pauvreté, violence on fait des ravages considérables.
Alors nous avons du mal à imposer aux jeunes une autorité sur le modèle de celle qu’ont connue leurs parents.
La phrase rituelle : « Tu feras ça parce que je te le dis » ne fonctionne plus.
Dorénavant, il faut expliquer, négocier, passer un contrat pour faire accepter les règles.
Cette démarche est coûteuse en temps et en efforts et parfois pas toujours couronnée de succès.
Il faut alors sanctionner me direz vous.
Je ne parlerai pas de la sanction car pour moi sanctionner est déjà un constat d’échec du formateur.
On ne peut construire une relation avec des élèves sur ce genre de base.
Malgré ces difficultés je pense que le plaisir de semer la connaissance est toujours là.
J’avoue avoir un peu honte de faire part de mes convictions ici alors que je ne suis finalement pas dans le métier mais peut être qu’un jour j’y reviendrai.
De plus, j’ai eu quelques occasions de faire de la formation dans ma société et je crois que la fibre est toujours là si je crois les retours positifs que j’ai pu avoir.
Enfin, j’ai parmi les membres de ma famille deux enseignants et nous parlons souvent de leur travail au quotidien.
Il me reste à demander aux enseignants, parents, élèves qui vont lire ce billet de me faire part de leur expérience et de leur approche personnelle du métier car je crois qu’il y a beaucoup à dire.
Je suis bien sûr à votre écoute pour discuter avec vous de ce passionnant sujet.
Stephen JANDOS