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Pétition de la famille Hamdi
Kidnappé depuis début Avril 2006, Mustapha Hamdi, agent au consulat U.S à Casablanca, est en prison. Le 18 août, un juge new-yorkais l’a déclaré coupable de fraude et de corruption...
Après 23 ans de bons et loyaux services au Consulat des États-unis à Casablanca, Mustapha Hamdi a été kidnappé à son arrivée à l’aéroport JFK à New York, en avril dernier alors qu’au départ, il a été choisi pour effectuer une formation d’une dizaine de jours à Washington.
Sa famille n’a pas été avisée de son arrestation- kidnapping que plus d’un mois après. Entre- temps, l’épouse et les deux enfants de M. Mustapha Hamdi vivaient dans l’ignorance total et un désarroi sans pareil. Hamdi a dû endurer pour sa part le calvaire de passer quatre mois dans une maison d’arrêt, une sorte de hangar, en attendant sa mise en jugement. Pour rappel, Hamdi est poursuivi pour fraude et corruption dans le cadre d son travail d’agent consulaire du programme «Green Card Lotery».
L’accusation quant à elle ne tient que sur le seul témoignage d’un criminel : Une personne qui est entre les mains des autorités américaines pour fraude et falsification de documents et qui ne peut rester aux États-unis que s’il témoigne contre M. Hamdi dans le cadre d’une opération connue dans le système américain, le « deal » ou accord. Les accusés principaux dans l’affaire ont nié tout rapport avec Mustapha Hamdi, celui-ci n’ayant aucun pouvoir décisionnel pour l’octroi ou le refus d’un visa. Encore plus, cette accusation étant justiciable au Maroc, l’action entreprise par le gouvernement américain à l’encontre de M. Hamdi, citoyen marocain, est donc en violation totale du droit pénal marocain et des accords internationaux en vigueur.
Nous,famille de Mustapha Hamdi, interpellons le chef de l’exécutif M. Driss Jettou ainsi que les ministres des affaires étrangères, de l’intérieur et de la justice pour mettre un terme à cette mascarade et à cet enlèvement dont a été victime M. Mustapha Hamdi.
www.soshamdi.com
Mustapha Hamdi, qui a été kidnappé à son arrivée à l’aéroport JFK à New York, il y a un peu plus d’une année, se trouve toujours dans une situation kafkaïenne. Après plusieurs mois de détention dans une prison à Brooklyn, il a été condamné en novembre dernier par le jury du tribunal, constitué par des citoyens américains, à une peine d’emprisonnement de 41mois.
En décembre, il sera transféré vers un autre lieu de détention dans l’Etat de l’Ohio. Deux mois plus tard, Mustapha Hamdi sera encore une fois l’hôte du centre de Brooklyn en attendant le verdict de la Cour suprême. Entre-temps, il sera soumis à des actes d’intimidation : pendant plusieurs semaines, il n’aura plus le droit de communiquer par téléphone avec sa famille. Puis, coup de théâtre, des agents vont lui proposer un deal : avouer son délit en échange de son rapatriement au Maroc !
L’histoire du citoyen Hamdi, qui a laissé derrière lui une épouse, femme au foyer, et deux enfants, qui survivent grâce à la mobilisation de la grande famille, est symptomatique d’une Amérique qui multiplie les pratiques hors-la-loi et d’un Maroc qui n’a pas le courage de défendre ses citoyens. Hamdi a passé 23 ans de sa vie à travailler pour le compte du Consulat des Etats-Unis à Casablanca. Il y a collectionné les certificats d’excellence, les attestations de mérite et de félicitations signées par les ambassadeurs et les consuls qui se sont succédé à ce poste. Il s’est déplacé à plusieurs reprises en Amérique pour des stages de perfectionnement. Il a gravi les échelons pour devenir l’employé en charge du traitement des dossiers du programme de loterie qui permet à 2000 citoyens marocains d’acquérir chaque année la tant convoitée Green Card. Etant de nationalité marocaine, il n’avait aucun pouvoir décisionnaire. Ce sont les officiers consulaires, tous Américains, qui apposent leurs signatures d’approbation. Quand on lui a demandé, en mars 2006, d’effectuer un voyage à Washington pour passer un autre stage d’une dizaine de jours, il était donc fier et heureux. Il était loin de penser que ce voyage était une simple ruse orchestrée par l’ambassade américaine pour qu’il soit enlevé par des agents de l’autorité, relevant très probablement du FBI, et qu’il soit ensuite poursuivi pour fraude. Le procès qui va s’ensuivre est plus proche d’une parodie de justice : il sera jugé coupable alors que l’accusation ne tient que sur le témoignage d’un repris de justice qui est lui-même accusé par la justice américaine de fraude et de falsification et qui a accusé Hamdi d’avoir pris la somme de 1500 dollars pour accepter de faux documents.
L’enlèvement du citoyen Hamdi est une violation de toutes les lois marocaines, américaines ou internationales. C’est une autre atteinte portée à cette magnifique Constitution, rédigée par les «Founding fathers of the United States». Pire, le rapt d’un Marocain pour un délit justiciable dans notre pays prouve que les Etats-Unis n’ont aucune confiance dans la justice marocaine. Le silence affiché par notre exécutif à l’égard d’un Marocain qui fait face, seul, à une machine implacable montre le peu d’estime que les responsables de ce pays ont pour leurs citoyens. Une double hogra qui accable la famille Hamdi comme ce fut le cas de ces milliers de Marocains vivant aux States qui ont dû faire face à une répression organisée par les services de l’immigration et les agents du FBI quelques mois après les tragiques événements du 11 septembre. Là encore, le Maroc et ses services consulaires ont brillé par leur absence. Ils n’ont pas jugé bon de venir en aide à ces Marocains, alors détenus plusieurs mois sans motif valable. Et d’autres expulsés pour une raison ou une autre.
Lejournal Hebdo
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