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Abus de drogues en quête de rêves ! -2ème partie-  (Categorie: Billets  - Publié par Mourad ABOUSSI le 1/10/2006 à 22:25 )

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Les types de drogues les plus consommés(suite)

* HÉROÏNE (diacétylmorphine) : de la famille des Analgésiques narcotiques qui ont un pouvoir toxicomanogène très élevé. On les utilise pour soulager la douleur allant de moyenne à intense, pour guérir la toux et pour contrôler la diarrhée. DOLOPHINE (méthadone), DEMEROL (mépéridine ou péthidine), DILAUDID (hydromorphone) HYCODAN (hydrocodone), PERCODAN (oxycodone), Ces substances peuvent aussi causer un état euphorique de bien-être. Certaines substances sont naturelles et proviennent du pavot des jardins (opiacés); d’autres sont fabriquées artificiellement en laboratoires. Les narcotiques, tels que la codéine et la morphine, ont des usages médicaux importants. Toutefois, lorsque ces narcotiques sont utilisés sans supervision médicale, ils sont très dangereux. L’abus de narcotiques cause des problèmes personnels et sociaux très graves. L’utilisation et la consommation de ces substances doivent être donc contrôlées légalement avec rigueur.

* ALCOOL, l’Eau de vie « mahia », SOLVANTS ET AÉROSOLS (solvants organiques volatils et fluorocarbures) : ils font partie des sédatifs hypnotiques non barbituriques qui provoquent un ralentissement ou une légère dépression du système nerveux central. De faibles doses donneront une sensation de calme, de détente et de somnolence. Plusieurs sédatifs hypnotiques non barbituriques comme SECONAL (sécobarbital), NEMBUTAL (pentobarbital), MANDRAX et DALMANE (chlorhydrate de flurazépam) ont été développés au tout début comme somnifères . De fortes doses provoqueront un état d’intoxication grave, une perte de connaissance, le coma ou la mort. Les usagers qui en prennent régulièrement peuvent présenter une accoutumance. L’alcool et les barbituriques font partie des sédatifs hypnotiques non barbituriques. Les solvants et les aérosols font également partie de ce groupe parce qu’ils ont des effets similaires. Toutefois, l’alcool, les barbituriques, les solvants et les aérosols ne sont pas utilisés par la médecine comme des sédatifs hypnotiques non barbituriques.

* Inhalants: colle, diluant, butane, vernis, décapant et dissolution, substance appelée « Silisioun » en dialecte courant, ce sont les drogues des pauvres qui vivent marginalisés comme les « vagabonds » et les délinquants ou « enfants de la rue ». Les inhalants sont avec les hallucinogènes et le cannabis, les perturbateurs du système nerveux central.

* VALIUM, LIBRIUM et les autres : il sont des sédatifs, les drogues les plus prescrites. « Tout comme les sédatifs hypnotiques non barbituriques, ils provoquent, en petites doses, une sensation de détente et de bien-être; ils sont beaucoup moins forts. Des doses plus fortes provoqueront des effets similaires aux sédatifs hypnotiques non barbituriques, y compris la perte de connaissance. Les cas de surdose ne sont pas mortels, sauf si les sédatifs sont pris avec d’autres substances ». On prescrit souvent des sédatifs pour soigner des troubles psychiatriques légers comme l’anxiété, la nervosité et l’insomnie. Ils sont aussi prescrits comme des relaxants musculaires.

* COCAÏNE : la coco, la poudre des vedettes, la drogue des riches, de la famille des stimulants, des drogues qui excitent ou accélèrent le fonctionnement du système nerveux central. On les utilise pour avoir l’esprit éveillé et pour augmenter son niveau d’endurance. La Cocaïne est un stimulant majeur, les riches en prennent pour passer des heures à « faire la fête ».

Les usagers restent réveillés pour de longues périodes de temps et ils perdent l’appétit. On classe dans la même catégorie Tabac et Caféine, ce sont des stimulants mineurs.

Les stimulants produisent une sensation de bien-être et d’euphorie. Mais ils peuvent créer une dépendance psychologique grave ainsi qu’une dépendance physique.

Abus de drogues en quête de rêves !

Dans une ville où l’inégalité sociale est flagrante, dans une ville qui compte des quartiers de richesse extrême et des quartiers de misère absolue où les jeunes voient leurs forces asservies par le manque, tous les vices peuvent s’installer et ronger le corps et l’esprit. Les facteurs catalysant l’usage des drogues sont donc liés directement à la situation économique et sociale qui engendre en elle-même des maux difficiles à supporter : on commence donc à chercher un échappatoire, s’évader à tout prix est un désir ardent, on s’attache même à une chimère. En quête de rêves, l’usager abuse de la drogue et en dépend : voilà donc le parcours du toxicomane.

Mais revenons quand même en détails aux facteurs de risque, liés à la fois au contexte de vie et à l’individu, que nous énumérons comme suit :

Milieu de vie : Pauvreté- Violence, abus- Parents abusifs- Niveau d`autorité excessif ou absence totale d`autorité- Parents négligents- Parents consommateurs- Lacune dans la communication, absence de dialogue- Conflits dans la famille, désunie ou climat de tension- Comportement criminel ou antisocial dans la famille- Surprotection (souvent pour compenser le contrôle excessif de l`autre parent, en général le père) -Famille monoparentale.

Milieu social : consommation dans le cercle d`amis- Manque de satisfaction dans les rapports avec autrui- Conditions de travail difficile- Grande accessibilité -Nombreuses occasions de consommer- Milieu exerçant des pressions- Echecs, décrochage scolaire et/ou absentéisme (amenant une non-fierté de soi). Ce facteur explique parfaitement l’usage de tabac et de drogues par une bonne partie des lycéens et des étudiants, toujours cette cigarette avant le cours où ces joints lors de la période de préparation et après la phase des examens. En absence de cette culture de consulter un psychologue et sans possibilité aucune d’être orientés par un psychopédagogue, les jeunes se défendent n’importe comment et usent de stupéfiants pour alléger la pression.

- Facteurs liés à l’individu : faible estime de soi- Repli sur soi- Difficulté d`affirmation- Isolement, solitude- Attitude de rébellion- Lacune au niveau de la communication- Peu de résistance au stress et à l`angoisse- Manque de motivation- Souffrance psychologique- Difficulté a gérer ses émotions- Ennui, vide intérieur- Manque d’adaptation et d`adhésion aux valeurs sociales.

-Traumatisme subit durant l`enfance- Dépression, problème de santé mentale- Maladie ou handicap physique. Ces facteurs résultent plutôt de l’éducation et de la formation. Ils sont donc liés au milieu de vie et à l’entourage. L’autoritarisme des parents est un style fréquent. Lorsqu’au sein de la famille aucun dialogue n’est établi, l’adolescent(e) adopte une attitude de repli sur soi ou de rébellion, il cherche ce qui peut le consoler, ce qui peut briser sa solitude et le transporter ne serait-ce que pour quelques minutes, loin du contexte sombre et froid où il évolue. L’école non plus ne favorise l’épanouissement de la jeunesse, elle stresse plus qu’elle ne motive, tend vers le repli plutôt que vers l’affirmation et la communication. La personnalité des ados n’est pas manifestée, elle est écrasée, elle finit par « craquer ».

Les causes d’usage de drogue sont nombreuses, elles sont expliquées par les facteurs de risque cités ci-dessus et s’articulent ainsi :

- Usage à titre ludique ou par curiosité: la consommation en groupe d’alcool, de tabac, de cannabis, cocaïne, ecstasy ou autre pour faire comme les autres, marquer son appartenance au groupe, à titre de convivialité. La consommation pour augmenter le sentiment d’empathie et de communion avec les autres ou vaincre ses inhibitions et se libérer des contraintes sociales ; pour rechercher du plaisir et se défouler ; pour ressentir des sensations intenses, hors du commun : jouissance, amplification ou déformation de la perception avec les hallucinogènes, ivresse (alcool, cannabis, l’eau de vie…) ; Pour se soigner et résoudre des difficultés comportementales : des parents feront prendre des calmants à leur enfant pour "être tranquilles", des insomniaques font un abus de sédatifs, des timides prennent un excitant pour vaincre leur timidité ; Pour vaincre un mal-être ou une angoisse : pour tromper son ennui, pour fuir la réalité et les problèmes que l’on juge insupportables, cas fréquent de consommation de sédatifs (alcool, héroïne, médicaments),ou de cannabis, souvent lié à une situation familiale, scolaire ou professionnelle difficile ou ressentie comme telle.

De l’expérimentation à la dépendance, le parcours du toxicomane s’illustre donc par un schéma ascendant. Le premier contact avec la drogue se fait souvent dans un groupe où il a valeur d’intégration ou d’initiation : le premier verre d’alcool, la première cigarette puis le premier joint avec des amis, la première ligne de cocaïne avec des copains à la « disco », le premier cachet d’ecstasy dans une soirée ou une rave party….Il est d’autant plus aisé si la drogue utilisée est facilement accessible.

Ce premier contact a lieu souvent à l’adolescence pour braver l’interdit ou vaincre un mal-être fréquent à cet âge. C’est le début de "l’usage" ou "phase de plaisir"

Certains, plus que d’autres, ressentiront un plaisir fort à cette consommation ou un soulagement temporaire à leurs problèmes, et seront tentés de renouveler l’expérience...de plus en plus fréquemment, d’autant que le plaisir disparaît ou que le problème resurgit dès que la drogue ne fait plus d’effet.
L’accoutumance commence à prendre place et diminue l’effet de la drogue, ce qui pousse insidieusement, sans que l’on s’en rende compte, à en consommer de plus en plus et de plus en plus souvent. C’est le début de l’abus.

L’abus va produire des effets perturbateurs sur la santé, le psychisme et le comportement. « L’abus devient nocif ».

Le consommateur va ensuite ressentir l’état de manque et passer du plaisir au besoin de plus en plus impérieux de consommer pour atténuer sa souffrance. Il entre dans la phase de "gestion du manque" où le manque cohabite avec le plaisir ou le soulagement.

Il va consommer de plus en plus souvent seul, de plus en plus tôt dans la journée. Le processus de dépendance est engagé.

Le consommateur va voir son temps et sa vie de plus en plus monopolisés par la recherche de drogues. La dépendance est installée. C’est la phase de "galère".

Il se trouvera isolé et souvent rejeté par son entourage familial ou d’amis qui ne supportent plus son comportement et souvent son laisser-aller, il se repliera sur lui-même et se tournera vers ceux qui consomment comme lui.

Il sera passé progressivement, insidieusement, de façon plus ou moins rapide selon la drogue utilisée, du plaisir à la souffrance, de l’expérimentation à la dépendance, de la vie normale à la déchéance.

  ...à suivre

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